L'APPRENTISSAGE DE LA PROPRETE

Mon chiot fait ses déjections à la maison, et, en plus, il recommence !!! Que faire ?

 

Eh bien, savoir qu'il n'a pas l'impression de mal faire, puisque, pour lui, les déjections sont faites simplement dans un lieu différent de celui du couchage. Vers la 6ème semaine, le chiot contrôle ses sphincters et acquiert une autonomie locomotrice. Il s'éloigne de sa zone de couchage pour uriner ou déféquer.( voir la fiche « développement comportemental du chiot »)

Quand il arrive à la maison (idéalement à 2 mois), il fait de même. Heureusement, il est encore à un age où l'apprentissage de nouveaux comportements est aisé.

 

Principes valables pour tout apprentissage chez le chiot

 

C'est la technique du « encouragement-réprimande »:

L'encouragement survient toujours à la fin de l'acte souhaité par le maître. Il est pratiqué par des moyens compris par le chiot :

- pas de longs discours intraduisibles en langage chien (« Papa est content, il aime son petit chien, qui a bien fait …..etc »). Le ton joyeux du locuteur suffit.

- mais des caresses aux flancs, à la gorge, sur la croupe, avec insistance, qui stimule le chiot à faire encore plaisir à son maître, la prochaine fois.

- exceptionnellement, une friandise

Ces encouragements, systématiques au début de l'apprentissage pour l'acquisition du bon comportement, s'espaceront ensuite, pour cesser vers le 6ème mois. La propreté doit être acquise à cet age. Il faut savoir que la continence est physiologiquement impossible avant le 4ème mois.

La réprimande se fait sans brutalité, et au début de l'acte . Passées quelques secondes, l'esprit du chiot n'associera pas notre mécontentement à son acte. De plus, l'homme doit se faire comprendre en langage chien : pas de nez dans la déjection (c'est son odeur naturelle, donc non répulsive), ou de coup de journal sur les hanches. Agissons comme la chienne, à savoir :

- une prise par la peau du cou, avec un placage au sol (en proportion de la réaction du chiot)

- associer un mot fortement prononcé : NON !!!!!!!! par exemple, qui sera réutilisé lors des récidives. Avec le temps, il n'y aura plus que le mot à utiliser

La réprimande cesse dés que le chiot s'est soumis : aplatissement au sol, détournement de la tête, émission de quelques gouttes d'urine (oui !) liée à la peur.

On ne doit pas répondre aux sollicitations que le chiot nous fera dans les minutes suivantes. Il nous emmènerait sur une activité de détournement.

Puis on pardonne en reprenant une co-habitation normale

La réprimande qui consiste à isoler le chiot dans une autre pièce n'a pas d'effet à cet age. Elle le deviendra après sa puberté quand il aura un rôle hiérarchique à tenir dans la meute ( = la famille)

Quelques conseils pratiques

 

- A l'arrivée du chiot, le garder quelques jours à l'intérieur pour qu'il fasse connaissance avec l'habitation et la famille.

- Puis le sortir prés du lieu choisi pour ses déjections, et rester avec lui. Tant pis s'il pleut, vente ou neige. Votre présence le sécurise, comme a fait sa mère depuis sa naissance.

- Au début, le sortir toutes les 2 heures environ, le jour, au réveil et surtout après les repas, ainsi qu'au moins une fois la nuit (Le chiot a une « autonomie » nocturne de 4 heures)

Dés que le chiot urine ou fait ses selles à l’extérieur, on le récompense.

Et, plus tard, on ne réintégrera pas immédiatement nos pénates. Il faut éviter l'association « déjection = fin de la ballade », mais prolonger un peu les plaisirs de la sortie.

- Si, dans les premiers jours,on a utilisé un journal (ou serpillère ou autre) pour les déjections du chiot, il est logique qu'il pense bien faire (zone éloignée du couchage, pas de reproche du maître). Mais ça ne peut pas durer. Il faut modifier cet apprentissage. La méthode consiste à transporter le support (journal, serpillère ...etc.) devant la porte d'entrée de l'habitation, et l'y laisser quelques jours. Le chiot garde ainsi l'habitude tactile et olfactive du support. Ensuite on déplace le support de l'autre coté de la porte d'entrée (si besoin, prévenir les voisins de palier, de cette gène pour quelques jours). Attiré par son odeur, le chiot va gratter la porte, ou pleurnicher pour atteindre le support. Ainsi le maître prévenu, pourra porter le chiot sur le lieu extérieur, choisi pour ses déjections. Penser à le féliciter pour provoquer un encouragement (stimulation positive)

- Avant cela, en cas d'accident dans l'habitation en votre absence, ne pas punir. Sinon le chiot associera « déjection + arrivée du maître = réprimande », et ira cacher ses prochaines saletés.

- Le nettoyage se fait hors de la vue du chiot, sinon, l'association sera « déjection + nettoyage de mes déjections = jeu ». On le fait sortir de la pièce, et on garde son calme !

Nota-Bene : Utiliser de l'eau vinaigrée ou gazeuse pour enlever aussi les traces olfactives, stimulantes de récidives. Proscrire les nettoyants ammoniaqués : eau de javel et autres produits en comprenant (ammoniac et urée sont des molécules voisines) qui favoriseraient le comportement d'élimination.

- Le chien ne connait pas les sentiments humains, Sa malpropreté n'est jamais une vengeance. Il ne fait pas de canimorphisme.

- Enfin, dernier conseil : il faut sortir le chiot le plus tôt possible, même si l'immunité vaccinale n'est pas complète (à condition de ne pas le laisser divaguer dans les zones de passage de ses congénères). Outre la propreté, il doit aussi apprendre à vivre en ville, ce qui n'est pas instinctif. On doit le mettre en présence de nuisances phoniques (voitures, passage d'avions ou hélicoptères, autobus......), de nuisances olfactives (parfum, traces d'autres espèces animales, …...), de nuisances tactiles (contact avec le sol rigide macadam, béton …), voire sensorielles ( ex: la sensation de montée ou descente en ascenseur n'est pas innée)

- Il faut savoir que seul 20% du comportement ont une origine génétique. Les 80% restants sont acquis par l'apprentissage.